Tim J. Delanay

Executive Designer, Space Mountain

Tim Delaney est le responsable du projet Space Mountain, il est aussi directeur artistique de DiscoveryLand.

Parlez-nous de cette attraction qui vous tient tant à coeur, Space Mountain : De la Terre à la Lune.
Je savais que cette attraction devait être très spéciale. C’était un défi de taille pour mon équipe et moi car les deux premières années d’Euro Disneyland n’ont pas connu le succès escompté et il y avait beaucoup d’attentes sur cette attraction. A partir de là, je suis revenu à l’histoire de Jules Verne, De la Terre à la Lune. C’est une histoire tellement visionnaire. C’est incroyable de penser qu’il avait envisagé de lancer sa fusée depuis le centre de la Floride, pas très loin de Cap Canaveral, là où l’on a effectivement envoyé des hommes sur la Lune ! Et nous n’étions qu’en 1865 ! L’idée était vraiment de catapulter des gens sur la Lune. A cette époque, Disney avait mis au point un système de rails assez simple pour ses précédents Space Mountain. Personne n’avait jamais envisagé de départ catapulté qui s’enchaînerait à des montagnes russes. Je n’ai jamais compris la lente ascension des autres Space Mountain. C’est un vrai lancement qu’il nous fallait ! Et nous l’avons fait : c’était la première fois qu’on mettait un système de catapultage dans une montagne russe, la première fois qu’on mettait des vrilles dans le noir et la première fois qu’on avait une musique diffusée à bord des fusées. Je n’y crois encore pas ! Et il va deux fois plus vite que les autres Space Mountain. J’y étais encore il y a deux semaines et j’en suis toujours aussi fier ! Je suis également fier du fait que nous ayons pu construire le Nautilus tout à côté. Avec un peu plus de moyens, nous aurions pu faire encore mieux, mais c’est déjà fantastique. C’était une grande époque lors de laquelle nous avons construit de merveilleuses attractions. J’ai vraiment accompagné ce parc et cette attraction du début à la fin. Certes, Disneyland Paris n’a pas été immédiatement aussi populaire que prévu, mais il en est toujours ainsi. Tous les parcs Disney ont été une déception à l’ouverture, sauf peut-être au Japon. Il faut quelques années pour que le public comprenne vraiment de quoi il s’agit. Je l’ai constaté. J’étais là à l’ouverture d’Euro Disneyland et j’étais là trois ans plus tard, en juin 1995, à l’ouverture de Space Mountain. L’ambiance était incroyable. Les Cast Members étaient électrisés, tout comme les visiteurs. Cela a pris trois ans pour que les gens comprennent ce qu’est un parc Disney, que cela n’a
rien à voir avec un parc d’attractions, qu’il s’agit de quelque chose de capital dans notre culture. A ce moment, Philippe Bourguignon, le PDG du parc est venu me voir pour me dire : « J’ai 125 banquiers. Vous allez les voir pour leur parler de Space Mountain et ils sont tous inquiets. Je viens de leur parler au centre de Convention de l’Hôtel New York. Je leur ai dit qu’ils allaient essayer Space Mountain. On les a amenés jusqu’ici en bus. Ils ont tous laissé leur attaché-case sur le quai d’embarquement et tous ces hommes d’affaires très sérieux sont partis dans l’espace. Et à leur retour, ils étaient conquis et demandaient quand Disney allait ouvrir une autre attraction de ce genre pour la financer ! » C’est comme cela que ça se passe la plupart du temps. Il faut prendre le temps de s’installer et cela prend quelques années pour trouver son rythme. Et aujourd’hui, l’affluence à Disneyland Paris est juste derrière celle du parc Japonais. Cette même année, Space Mountain : De la Terre à la Lune a remporté le prix de l’attraction de l’année de la part de la TEA (Themed Entertainment Association). Et quand j’ai reçu cette récompense, j’ai tenu un discours qui est toujours valable aujourd’hui. J’ai dit que c’était le type d’attraction que tout le monde voulait : quelque chose d’unique, proposant une technologie inédite avec un système de transport – la catapulte – qui correspondait exactement à l’histoire (le canon de Jules Verne). La technologie et l’histoire allaient de paire. 1995 a été une époque formidable pour les attractions Disney avec The Twilight Zone Tower of Terror et Indiana Jones Adventure en plus de Space Mountain : de la Terre à la Lune. Autant d’attractions qui ont relevé le niveau, avec une histoire très forte alliée à la technologie, et qui ont apporté quelque chose de neuf et de positif.
Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience parisienne ?
Quand vous montez un projet de cette envergure, vous devez vous entourer pendant cinq à six ans d’une équipe avec laquelle vous passez plus de temps qu’avec votre famille, et cette équipe devient d’une certaine façon une seconde famille. Puis on se sépare dans l’espoir de retravailler ensemble dès que possible. C’est un peu comme pour un film. Ma famille et moi avons adoré Paris et sa région. Ma fille avait deux ans et demi, mon fils n’était encore qu’un bébé. J’en garde un excellent souvenir et j’ai été très heureux d’y retourner il y a quelques jours, pour retrouver mon fils qui a fait une partie de ses études là-bas. J’ai donc retrouvé Discoveryland avec grand plaisir. A la veille du 20e anniversaire du parc, le land est vraiment magnifique !

Source : https://media-magic.blogspot.com/

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